#BAC#EAF#LETTRES#PHILO#ETUDES

«Né en 1881 dans un grand et puissant empire […], il m’a fallu le quitter comme un criminel. Mon œuvre littéraire, dans sa langue originale, a été réduite en cendres. Étranger partout, l’Europe est perdue pour moi… J’ai été le témoin de la plus effroyable défaite de la raison […]. Cette pestilence des pestilences, le nationalisme, a empoisonné la fleur de notre culture européenne»

Le Monde d’hier, Souvenir d’un Européen, 1942, Stefan Zweig


Comment Zweig (1881-1942) devint biographe?

Stefan Zweig est un auteur du XXème siècle, mais plus que jamais notre contemporain, une conscience dans le temps dans une Europe en crise.

Écrivain de langue allemande, il est contraint à l’exil après la montée du nazisme et l’autodafé de ses œuvres en 1933. Il est l’auteur de plusieurs nouvelles, récits, romans et poésies. Mais à partir de son départ pour Londres il devient biographe et traducteur. Comme d’autres intellectuels juifs de cette époque, je pense en particulier à Primo Levi qui eu juste le temps d’écrire un témoignage sur les camps dans Si c’est un homme…,après un long combat de résistance psychologique à l’oppression comme le décrit l’extrême tension à laquelle est en proie le héros dans son dernier récit Le joueur d’échecs, Stefan Zweig se donne la mort.


Pourquoi une biographie sur Montaigne (1533-1592)?

C’est à cette époque que Zweig trouve le réconfort auprès de deux grands penseurs de l’humanisme de la Renaissance Erasme et Montaigne.

Mais c’est le stoïcisme surtout de Montaigne qui lui fit citer dans une correspondance amicale deux jours avant de se donner la mort une pensée funeste sur la liberté ultime.

Zweig s’identifie à Michel de Montaigne, car il vit une époque barbare, déshumanisante, dans laquelle l’esprit peine à rester libre et serein.


Montaigne en première lecture, lorsqu’on est un jeune adulte, en temps de paix:

Zweig relate son expérience de lecteur et déplore de n’avoir vu en tant que jeune étudiant en Montaigne qu’une figure historique de la pensée:

« Nous honorions, nous respections son combat pour la liberté spirituelle comme un combat historique, qui nous semblait être depuis longtemps devenu superflu et futile. »

 » C’est le propre de la jeunesse de ne pas souhaiter recevoir des conseils de douceur, de scepticisme. Le doute lui devient un obstacle.[…] La plus absurde des illusions, pour peu qu’elle l’enflamme, aura à ses yeux plus d’importance que la sublime sagesse, qui affaiblit la force de sa volonté. »

« Le monde s’ouvrait devant nous […] nous étions ni prisonniers d’Etat, ni asservis au service de la guerre, ni soumis à l’arbitraire d’idéologie tyrannique. Personne ne courait le danger d’être banni, exilé, détenu ou chassé de sa patrie. » […]

« Il semblait donc à notre génération que Montaigne secouait des chaînes que nous pensions depuis longtemps rompues […] le destin les avait à nouveau forgées pour nous, plus dures, plus cruelles que jamais. » Chap.I

Zweig relit alors en homme fait ce livre et effectue des recherches complémentaires de biographe et offre un éclairage inédit sur l’homme et l’oeuvre.


Zweig Sur l’actualité des Essais de Montaigne à l’époque de la montée du nazisme en Europe:

« Seul celui qui […] est contraint de vivre une époque où la guerre, la violence, la tyrannie des idéologies menacent la vie même de chacun […], la liberté de l’âme, peut savoir combien il faut de courage, de droiture, d’énergie, pour rester fidèle à son moi le plus profond, en ces temps où la folie s’empare des masses. »Chap I

Il découvre aussi que cet auteur est l’héritier d’une famille de riches commerçants juifs convertis au catholicisme, ayant fui l’Espagne de l’Inquisition et les persécutions, pour la France. Zweig après cette découverte semble d’abord réconforté par la nouvelle des Eyquem épousant les Paçagon (devenus Garcia Lopez de Villanuova, puis l’épouse d’Eyquem de Montaigne, Antoinette de Louppes de Villeneuve) . Mais ensuite il découvre la manière pragmatique dont Michel de Montaigne brûla tous les documents de sa famille pour effacer ses origines juives, et même s’il concède qu’en pareille circonstance sa prudence est avisée, il narre ensuite la vie de Montaigne comme une moralisation de cette « trahison » avec un ton pathétique. Le récit montre une fin de vie en déshérence au sens littéral et en errance (un voyage improvisé, de multiples ruptures avec sa famille, ballotté par les manipulations des cours pontificale et française, en fuite devant la peste), qui laisse l’homme seul, sans descendant pour porter ce nom. Preuve supplémentaire de sa judéité inconsciemment pour le biographe, l’homme ne peut être heureux loin de Dieu. L’homme ne peut être sa propre idole. L’homme n’est pas le dieu de l’homme. Ce qui nous renvoie alors à une autre interrogation métaphysique: Quel est le rempart « pour défendre de la citadelle »comme l’écrivait Montaigne? Où est le salut?

On trouve ainsi un passage où Montaigne a fui sa famille et ses responsabilités politiques pour entamer un voyage en Europe au gré de son humeur, ce qui le conduit dans la Rome des intrigues papales et on lui envoie des courtisanes qui le charment, le détroussent, le gardent au milieu des prélats qui essaient de l’influencer en idéologues pour l’écriture de ses essais. Il se balade tranquillement dans une Europe meurtrière en pleine guerres de religion , comme Forest Gump.

On découvre ce qu’on ne savait pas du penseur à travers le prisme de la conscience qu’à Zweig de l’importance de sa judéité dans un monde privé de sens par la barbarie.

Il nous montre l’homme privé, assez égoïste par moment, qui s’enferme dans sa tour, littéralement. Il s’étonne du fait que Montaigne malgré sa bonhomie, n’est pas très famille, ne parle jamais de sa mère dans ses écrits. Montaigne n’est pas Albert Cohen, il n’est pas élevé dans la tendresse de la yiddishe mama qui l’étouffe, le protège mais qu’il adore.

Il n’a d’ailleurs pas réellement été élevé par sa mère (c’est le cas de la plupart des enfants de la noblesse et de la bourgeoisie durant 4 siècles encore).

Il a été élevé de manière programmatique comme dans l’utopie de François Rabelais: il est réveillé par des musiciens, rien ne doit contraindre son génie, est confié en nourrice chez un pauvre charbonnier pour l’endurcir, puis n’entend parler que le latin et le grec à partir de 3 ans et entre à l’école où son éducation atypique le marginalise au milieu des autres élèves et où ses maîtres le prenne pour un cancre.

Montaigne pour garder son « essence », « défendre la citadelle », son âme dans ces temps troubles se « carapate » alors plusieurs fois. Il prend conscience de sa difficulté à persévérer, s’engager, précisément à cause de son éducation sans contraintes. Mais Zweig garde toute la complexité de ce portrait psychologique en le dépeignant, il montre une conscience qui essaie de rester fidèle à sa propre humanité, de progresser, d’admettre ce qu’elle ne peut changer.

Il n’en reste pas moins attachant sous la plume de Zweig,mais il n’est plus ce maître à penser du juste milieu veule et froid (la vision simpliste qu’en donnait Pascal) que toute l’Europe et le monde admire dans la velléité de son stoïcisme, mais cet autre, ce frère qui se trompe et est trompé et cherche à s’arranger avec lui-même, à se mettre hors du monde en s’étudiant lui-même comme pour ne pas perdre de vue l’humain.


Montaigne : la decennie créatrice dans sa tour! Chap. VI

La RENAISSANCE, contexte historique des Essais dans l’histoire de la pensée.

 » Il semblait qu’un siècle – non, des siècles s’ouvraient, où la force créatrice allait, degré après degré, vague après vague, porter l’existence obscure et chaotique jusqu’au seuil du divin. […] Sous la conduite d’Érasme, l’humanisme promettait une culture unifiée et cosmopolite. »

« La Réforme semblait fonder, à côté de la nouvelle ampleur du savoir, une nouvelle liberté religieuse. »

Zweig décrit ainsi l’époque de Montaigne dans son essai biographique. Mais il faut compléter la remarque par la désillusion de la répression sanglante, le massacre de la Saint-Barthélémy et les tensions des guerres civiles et religieuses, qui ont tout pour être les pires, et dont les soubresauts se feront sentir jusqu’au XVIIIème siècle (cf. Voltaire L’Affaire Calas).


Le distingo entre le doute chez Montaigne, Descartes et Socrate:

Montaigne a le mérite de chercher la sagesse sincèrement et il pratique le doute philosophique ou en grec l’Épochè (ἐποχή /epokhế) signifie «arrêt, interruption, cessation» .Ce doute philosophique n’est pas le même que dans la maïeutique de Socrate: « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien » et son corrolaire « Connais toi toi-même », « Sache que tu es mortel ». Il ne correspond pas non plus à celui du Discours de la méthode de Descartes, le fameux doute cartésien provisoire et méthodique, où l’on rejette systématiquement toute proposition jusqu’à trouver une vérité première, « une certitude parfaite » grâce à laquelle l’esprit affirme sa liberté par rapport à l’opinion pour établir les bases d’une science à venir.


Epochè et le doute philosophique

C’est le doute des sceptiques (scepticisme vient du grec σκεπτικός, skeptikos, « qui examine ») , la suspension du jugement, avec ses impasses.

En effet, pris comme une fin en soi, il propose une règle de sagesse définitive mais stérile.

Radicalisé, il ne laisse aucun point de repère à la pensée et ne console pas l’homme de la barbarie qui sévit, c’est un acte philosophique libre et courageux, mais désespéré comme un suicide philosophique.

Cependant, à force d’analyser le monde et lui-même avec l’arme de l’humilité et de la sincérité, Michel parvient à apporter quelque chose de moderne à cette méthode philosophique.

D’abord, la systématisation, l’examen par la conscience subjective de tout ce qui se présente comme étranger à l’essence de l’esprit. L’esprit apprend ainsi à se protéger de tout ce qui n’est pas lui, se présentant trop violemment à la conscience comme la torture et les massacres observés dès l’enfance par Montaigne avec horreur , avec trop d’évidence comme la peur de l’autre et qui peut rapidement nous faire penser que l’homme est un loup pour l’homme en pareille époque.

Montaigne pose aussi grâce à l’Epochè une notion moderne voire révolutionnaire pour l’époque, celle de la tolérance.

Il est l’un des premiers à décrire la découverte de L’Amérique dans la violence des massacres de la population indigène, plutôt que d’adhérer consensuellement à la théorie de la mission civilisatrice de la colonisation.

C’est un pacifiste et un ardent défenseur de la liberté de pensée et de la tolérance religieuse, il refuse de prendre parti dans le conflit des guerres de religions.

Lors de ses pérégrinations, Montaigne entre en dialogue tant avec le pape qu’avec les pasteurs calvinistes.


Montaigne: le courage philosophique face à la gloire diplomatique

Zweig analyse aussi le rapport que Montaigne entretient avec la politique. Dans le chapitre « Des Coches », il ne s’interdit aucun sujets abordant politique, histoire, religion, mais toujours avec un esprit critique salvateur. Nous entraînant parfois, il est vrai, dans le tourbillon du relativisme des systèmes philosophiques en mettant en scène, en érudit, les points de vue contradictoires des philosophes grecques antiques sur le sujet, ou bien en nuançant sa propre pensée de façon systématique.

Zweig rapporte un événement révélateur à son sujet. Henri de Navarre était venu consulter le vieil homme politique dans son château de Bordeaux. Il demanda à Montaigne comment il devait se conduire diplomatiquement pour faire cesser les bains de sang et accéder au trône. Montaigne se déplace en pleine guerre civile,à sa demande,en mission diplomatique pour négocier avec la cour.Montaigne en déplacement continue la rédaction du tome III et se fait même arrêter et mettre en prison, puis libérer par Catherine de Médicis.

En 1590, ce prince protestant se convertit au catholicisme et devient Henri IV. Il serait alors loisible au Sieur de Montaigne de réclamer une charge.

Mais il refuse la gloire d’aller à la cour, s’affirme devant l’insistance du nouveau souverain: « je suis aussi riche que je peux me souhaiter » et Zweig souligne: »il sait qu’il a réussi ce dont Platon dit quelque part qu’il n’y a rien de plus difficile au monde: quitter la vie publique en ayant gardé les mains propres. »

Cela peut paraître assez artificiel de ne pas vouloir ainsi prendre parti, mais la leçon est, et nous l’apprenons avec Zweig dans cette biographie, intimement inscrite dans l’histoire sacrée de l’être, car il n’y a eu un petit Michel que parce que ses ancêtres n’étaient pas sectaires, ni opportunistes, mais qu’ils restaient fidèles en premier à l’homme, à la vie (commandement de la Torah) et à leur Dieu dans leur cœur malgré la diaspora et les persécutions.

Zweig nous démontre alors en plusieurs endroits que nous avons encore beaucoup à apprendre de Montaigne :

« Cet homme, qui fit graver sur une médaille la maxime qu’il avait choisie:

« Que sais-je? »,

n’a rien plus execré que les affirmations péremptoires. Il n’a jamais cherché à conseiller les autres ce qu’il ne savait pas précisément lui-même:

« ce n’est pas ici ma doctrine, c’est mon étude; et n’est pas la leçon d’autrui, c’est la mienne. »

Qu’un autre en tire quelque avantage, il n’y voit aucun inconvénient. Mais si ce qu’il dit est folie, erreur, personne ne doit en subir un dommage:

« Et si je fais le fol, c’est à mes dépens et sans l’intérêt de personne.Car c’est une folie qui meurt en moi, qui n’a point de suite. »

Ce qu’il a cherché, il l’a cherché pour soi. Ce qu’il a trouvé vaut pour tout autre dans la mesure exacte qu’il pourra ou voudra en prendre. Ce qui a été pensé dans la liberté ne peut jamais entraver la liberté d’autrui. »Chap. VI


La Défense de la Citadelle : l’erreur philosophique et le totalitarisme

Dans le chapitre suivant, Zweig aborde ,l’idée chère à Michel Eyquem, de Défense de la Citadelle et propose une définition de l’erreur philosophique qui débouche sur le totalitarisme, actualisant le message mieux qu’un politologue:

« Il n’est qu’une erreur et qu’un crime: vouloir enfermer la diversité du monde dans des doctrines et des systèmes.

C’est une erreur que de détourner d’autres hommes de leur libre jugement, de leur volonté propre, et de leur imposer quelque chose qui n’est pas en eux.

Seuls agissent ainsi ceux qui ne respectent pas la liberté, et Montaigne n’a rien haï tant que la « frénésie », le délire furieux des dictateurs de l’esprit qui veulent avec arrogance et vanité imposer au monde leurs « nouveautés » comme la seule et indiscutable vérité, et pour qui le sang de centaines de milliers d’hommes n’est rien, pourvu que leur cause triomphe. »

Ainsi l’attitude de Montaigne face à la vie, comme celle de tous les libres penseurs, aboutit à la tolérance. » Chap. VII


La dernière édition posthume des Essais:

Montaigne à la fin de sa vie est un temps tenté par le suicide, tant à cause de l’époque barbare, de la solitude, de son admiration pour les sceptiques, qu’à cause de calculs biliaires qui le font souffrir depuis des années.

Mais il retrouve alors une dernière fois la sérénité avec la compagnie d’une jeune femme, écrivaine, poète, moraliste et polémiste. Marie Le Jar de Gournay (1566-1645) l’admire et lui offrira l’amitié intellectuelle nécessaire pour encourager et achever la rédaction des Essais. On sait combien l’amitié est importante pour lui dans la démarche, car c’est Etienne de La Boëtie qui lui donna l’idée d’écrire les brillants tours de sa pensée naissant de leur conversation.C’est aussi probablement le dernier amour qui vint par elle consoler le philosophe.

Marie fera rééditer, à titre posthume, les Essais en 1595. Ce qui donne parfois paradoxalement l’impression que les Essais sont une sorte de testament philosophique, alors qu’ils sont dès l’origine une forme philosophique ouverte, l’inverse d’un système.


mes Sources;)

Stefan Zweig III ESSAIS,coll.Classiques Modernes, éditions La Pochothèque, Le livre de poche, oeuvre publiée pour la première fois à titre posthume en 1982, traduit par Alzir Hella, avec qui Zweig correspondait.

Je conseille aussi aux étudiants en Lettres la lecture des articles « Trois maîtres du roman »(sur l’oeuvre des figures majeures du roman en Europe: Balzac, Dostoïevski et Dickens) et « Trois poètes de leur vie »sur Tolstoï, Casanova et Stendhal.

Zweig est aussi un grand spécialiste de Goethe qu’il cite et commente tout au long de cet Essai.

Les Essais de Montaigne, les 3 tomes de l’Edition Quadrige, Presses universitaires de France,2004.

Le Monde d’hier, Souvenir d’un Européen, 1942, Stefan Zweig

Le joueur d’échecs de Stefan Zweig, 1943

Si c’est un homme (titre original: Se questo è un uomo) de Primo Levi, Pocket, 1999

Gangantua, François Rabelais

Le judaïsme pour les nuls, coll. Pour les nuls culture générale,2008, de Rabbin Ted Falcon,David Blatner et Josy Eisenberg.

Albert Cohen Le Livre de ma Mère 1954, Editions Gallimard

La philosophie de A à Z, Auteur(s) : Pierre Kahn, Laurence Hansen-Love, Elisabeth Clément, Chantal Demonque, Hatier, 2011

Charles Andler, Nietzsche, sa vie et sa pensée,1920, Bossard, 1920, chapitre 1er sur Montaigne

Petit rappel des temps forts de l’engagement des penseurs contre le fanatisme, l’antisémitisme et l’intolérance religieuse en France:

Montaigne écrit les Essais à partir de 1572 en réponse à des évènements comme La Saint-Barthélémy à Bordeaux.

Voltaire écrit en 1761 pour défendre un père de famille dans L’Affaire Calas à Toulouse.

Zola écrit la lettre ouverte « J’accuse » lors de l’Affaire Dreyfus, à Paris en 1898.

Le saviez-vous Montaigne fut aussi le maître à penser de Shakespeare (1564-1616) ?

2 commentaires sur « #Zweig ESSAI biographique III sur #Montaigne »

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