I La naissance d’un écrivain : un récit de vie sur 1 période précise de sa vie, pourquoi ?

Nathalie Sarraute est connue comme l’une des figures du Nouveau Roman depuis Tropismes 1939 (recueil de 24 récits) et en 1959 Le Planétarium, elle rencontrera enfin avec Enfance, son autobiographie, un véritable succès en 1983.

Son entrée en littérature est due à une radiation du barreau de Paris en 1940, à cause des « Lois anti- juives » du régime de Pétain.

Elle a hébergé ,dans ces circonstances d’oppression et de résistance, un autre écrivain du #Bac, Samuel Beckett. Cela a certainement dû influencé aussi son œuvre théâtrale. Nous citons l’article de Jacques Lassalle Nathalie Sarraute ou l’obscur commencement :

« Et Beckett, Nathalie ? Où en êtes-vous avec Beckett ? — Durant la guerre, nous avons été cachés l’un et l’autre en Provence par la famille qui acceptait de m’employer. J’étais censée alors, pour échapper à la Gestapo, être une institutrice divorcée, et je ne voyais mes enfants et mon mari que de loin en loin. Beckett avait un appétit d’ogre. Et sa compagne s’entendait comme personne à dérober à son profit toutes les cartes de ravitaillement. De façon générale, je n’ai jamais vénéré personne. Pas même Shakespeare. Les œuvres, c’est autre chose. »

Entretiens du samedi avec Jacques Lassalle, propos recueillis dans l’article Nathalie Sarraute ou l’obscur commencement


Extrait incipit d’Enfance, le projet littéraire ou pacte autobiographique :

« Alors, tu vas vraiment faire ça? « Évoquer tes souvenirs d’enfance »…Comme ces mots te gênent, tu ne les aimes pas. Mais reconnaît que ce sont les seuls mots qui conviennent. Tu veux « évoquer tes souvenirs »…il n’y a pas à tortiller, c’est bien ça.

– Oui, je n’y peux rien ça me tente, je ne sais pas pourquoi…

C’est peut-être… est-ce que ce serait pas…on ne s’en rend pas compte… C’est peut-être que tes forces déclinent…

non, je ne crois pas…du moins je ne le sens pas…

Et pourtant ce que tu veux faire…« évoquer tes souvenirs » …est-ce que ce ne serait pas prendre ta retraite ? Te ranger ?quitter ton élément, où jusqu’ici, tant bien que mal…

Oui, comme tu dis, tant bien que mal… »

Analyse: que retenir du projet littéraire dans ce passage?

On retient un style moderne, la volonté de transparence à soi même en tant que sujet et dans la mise en récit et les intentions : un ton familier avec des expressions populaires, une polyphonie énonciative caractéristique des écritures post-modernes (plus qu’un dialogue, nous parlerons plus loin de ces deux voix), la modalisation de l’énoncé autour d’une émotion : entre l’hésitation et le déni de la nécessité de mettre fin à quelque chose par une sorte de testament littéraire.

Dès ces premières lignes, on comprend que Nathalie a l’ambition de déjouer les pièges de l’écriture autobiographique traditionnelle, elle se met donc en quête du souvenir avec le dialogue, une sorte de méthode psychanalytique pour l’interroger, le freiner, l’approfondir…


L’amour des livres : voir extrait N°1 dans les Smart Lectures

Nous avons ici un embrayeur du récit autobiographique, c’est-à-dire une entrée thématique récurrente choisie par l’auteur pour donner de la cohérence à son texte et nous permettre de comprendre l’histoire de sa personnalité. Elle nous livre dans ces extraits ses impressions sur ces livres qui comptent et qui sont dès l’enfance appréciés dans tous leurs aspects:

l’objet livre ; le livre trouvaille;la collection ;l’écho des lectures entre elles et les lectures qui bercent la vie et font écho à une expérience ou un souvenir personnel et deviennent des embrayeurs du récit autobiographique donnant au texte toute sa cohérence et son originalité.

Cf. Les Tropismes 1939 , Ses œuvres explorent ce qu’elles appelle les « tropismes », les mouvements infimes de la conscience, la « sous-conversation » intime que déclenche l’autre

« Considérez encore que l’auteur, refusant de s’intéresser à ce que leur identité pourrait devoir au sexe, à l’âge, à l’origine sociale ou ethnique, ne voit en ces « personnages » que de simples supports à des sortes de sensations brèves, de pulsions, de mouvements intérieurs. Situés entre le conscient et l’inconscient (le préconscient), ces sensations, ces mouvements, ces pulsions seraient à l’origine de tout comportement humain et se décrivent avec l’aide d’un concept emprunté à la biologie, le tropisme  »

Jacques Lassalle
Nathalie Sarraute ou l’obscur commencement 


Le goût d’écrire : voir extrait N°5 dans les Smart Lectures

Nathalie ,à en croire les extraits, n’a pas ,à l’époque, de vocation particulière à devenir écrivain ou elle n’est pas encouragée dans ce sens par les parents . Elle évoque, cependant, le plaisir de partager la lecture des devoirs de français avec son père, la fierté de lire dans l’intimité, sans gloriole. Plus loin, elle évoque également le plaisir qu’elle a toujours retiré d’être la première dans une production scolaire, mais avec un style qui ne se compare à rien d’autre;y compris en latin!

Le parcours autour de cet embrayeur du récit « la vocation d’écrivain »notamment grâce aux tropismes, permet de mieux saisir l’opacité à soi-même.

Cet aspect du rapport à soi, dans la formation de sa personnalité psychologique, est souvent rendu imperceptible par les facilités diégétiques dans les récits autobiographiques.

Du portrait de son enfance, se dégage pourtant bien déjà les traits de personnalité d’une élève érudite, brillante, exigeante, envers elle-même, humble, passionnée, qui a le goût des « greniers » et des « vieux mots » qui « sentent la moisissure »…soucieuse déjà de choisir le mot juste, la cadence d’une phrase etc…


II La singularité du talent autobiographique ou un style Sarraute :

L’Impossible dialogue avec le monde :

L’absence de la mère (le divorce) :

Nathalie s’est sentie abandonnée à 9 ans, à l’époque du divorce de ses parents.

Voir extrait sur le mot « malheur » extrait n°4 dans les Smart Lectures

Et la réflexion sur les mots a débuté avec cette blessure. Nathalie a refusé comme elle le dit si bien à la fin de cet extrait de rester enfermer en soi-même avec les mots qui font mal et imposés par quelqu’un d’autre sur sa vie.

Elle aborde le problème existentiel de la réalité de la compassion, de la compréhension d’autrui et de sa portée par rapport au malheur qui la frappe ?

Cela fait naître aussi des interrogations et des méfiances à l’égard d’autres concepts : le bonheur ? la passion ? (Voir aussi l’extrait où elle nie que l’amie de son père puisse comprendre sa passion pour le livre qu’elle est en train de lire)

Tout cela fait naître le besoin de se dire, Nathalie Sarraute invente à partir de toutes ces spécificités de son expérience enfantine une façon de se dire, un sous-genre, une forme autobiographique singulière :

La blessure originelle des mots d’autrui sur quelque chose d’intime d’où naît le dialogue avec soi ou de soi à soi qui caractérise la capacité introspective d’une auteure.


La Sacralisation de l’écrit  et les Lettres de sa mère :

La sensibilité, l’affection passent par ces écrits que l’enfant chérit, car ils sont l’unique voix de l’irremplaçable, celle qui n’est plus là, celle qui aurait pu consoler. Mais qui n’aurait pas démenti le mot « malheur ».

extrait N°4 dans les Smart Lectures Le changement de chambre pour l’arrivée de Lili, sa demi-soeur :

Une période difficilement vécue par l’auteure.

Trouver sa place, sans mère dans la maison, dans la famille, dans la parole laissée à l’enfant à cette époque dans une famille bourgeoise et éclairée.

Mais en réalité à d’autres moments, Nathalie s’interroge sur sa mère et son entourage de lettrés, froids et distants :

extrait N° 4 bis dans les Smart Lectures

Véra, la belle-mère à Paris entre 1909 et 1917


Une enfance européenne : modernité, judéité et diaspora

Une vision enfantine unique du monde:

Le concept littéraire de la vision du monde vient de l’allemand, « Weltanschauung », il est hérité du romantisme.

Dilthey assignait à l’herméneutique la tâche de clarifier la vision du monde déployée dans un texte.

Ce concept est donc requis chaque fois que l’on veut marquer l’importance du passé et sa différence d’avec le présent. Le mot désigne aussi une conception de la vie telle qu’un individu ou une communauté se la forge à partir de sa propre expérience, elle dépend donc beaucoup des circonstances historiques et se transforme avec elles.

Ce que nous verrons en confrontant ce que nous trouvons dans le récit de vie et dans les essais, par rapport à l’interview qu’elle accorde à la fin de sa vie à Jacques Lassalles.

Enfant, elle bénéficie d’une éducation cosmopolite, elle habite à Genève, à Paris, à St Petersbourg et Ivanovo. C’est le récit de son enfance jusqu’à ses onze ans où elle quitte le cocon familial pour entrer au Lycée Fénelon :

Dans l’excipit du roman, extrait N°6 dans les Smart Lectures :

A la lecture de cet extrait, concluons sur l’entreprise autobiographique originale, car un bilan personnel est fait en excipit à propos du pacte de lecture (extrait début du I dans l’article), passé avec soi-même ou dans le dialogue de soi à soi pour écrire en étant fidèle au projet autobiographique.

Dans les différents lieux où elle séjourne, le nomadisme enrichit sa culture et les livres sont comme des points de repère, des compagnons qui donnent de la valeur au temps (voir notion d’ « intensité » extrait N°1), qui entretiennent l’exigence envers soi, ils permettent aussi déjà de dire le monde (avec le mot « malheur » extrait n°4). Et dans cet extrait les titres des classiques de la littérature jeunesse montrent bien cette dimension cosmopolite.

Cette vision du monde enfantine, où rien n’est plus naturel que l’effort, le changement, l’adaptation, l’ouverture au monde,apporte une tonalité singulièrement moderne à l’oeuvre de Nathalie Sarraute . L’auteure a gardé dans la voix de l’adulte un peu de l’intrépidité et de la fraîcheur candide de l’expérience de cette enfance européenne nomade qui ne s’étonne de rien, ne se formalise pas du rapport aux traditions, feint d’accepter devant Véra les choses comme elles sont, mais se concentre sur l’essentiel la fidélité à soi, l’exigence éthique dans le sentiment et le rapport à l’autre.


L’écrivain adulte et l’intellectuelle cosmopolite :

« Il est de bon ton de dénoncer l’impuissance, le mensonge des mots. Moi, je crois en leur pouvoir. Je crois au langage. Lui seul peut préserver le vivant de la sensation, l’arracher à la mort, la rendre chaque fois comme toute neuve. La sensation, il n’est rien de plus important. Tout commence avec elle. Mais sans les mots pour la fixer, elle ne serait rien qu’un vague malaise. Et eux, à leur tour, ne seraient rien sans elle. Seul le langage peut tirer signification de tout. Lui seul peut tout dire, même ce qui échappe aux mots. Lui seul peut nous révéler à nous-même. — Lacan affirmait : “Nous donnons ce que nous n’avons pas.” Non, nous donnons ce que nous ne savons pas que nous avons. » Elle boit une lampée de whisky, repose son verre. « Mais la littérature n’est rien auprès de la musique. Comment oser écrire encore après une sonate de Schubert ? » Jacques Lassalle Nathalie Sarraute ou l’obscur commencement 

Un femme écrivain polyglotte d’origine russe, écrivant en français, mondialement connue, tant pour ses essais critiques que pour ses œuvres romanesques et théâtrales.

Elle a la double nationalité russe et française. Elle obtient un prix international de littérature.


A quoi correspondent les voix dans ce dialogue ?

D’abord, à ce que l’on trouve aussi chez Proust ou Rousseau, la voix de l’enfant versus la voix du narrateur adulte, le récit au présent confronté au charme du souvenir passé.

Mais aussi de manière plus moderne, la voix qui conduit le récit en dialogue avec la voix de la conscience qui analyse le sujet,afin de ne pas tomber dans les travers et facilités du genre.

Et dans la mesure où ces voix, répondent ensemble des années après, et pour celle représentant la conscience que l’enfant avait des événements sur le champ, mais en sous conversation (cf. pratique d’écriture littéraire du courant de conscience), à ces personnes adultes qui faisaient fi de ce qu’elle pensait, on peut dire qu’il y a là

bien plus qu’une dimension dialogique au sein du récit de soi, et qu’il s’agit d’une véritable polyphonie énonciative. Un style d’écriture autobiographique très moderne.

« Je ne lis pas les correspondances. Elles m’ont toujours paru superficielles. L’écriture c’est autre chose. Il faut creuser si profond. Abominable, délicieux tourment. » Elle rit. « Je pense à Flaubert, ce possédé. Il se demandait : “Nous aimons-nous en l’art comme les mystiques s’aiment en Dieu ?” Il aurait voulu, comme les amazones, se couper le sein du côté du cœur pour échapper aux “entêtements bleuâtres du lyrisme poitrinaire”. C’est Flaubert qui, le premier, m’a appris à choisir le naturel contre la pose, le personnel contre le convenu, l’artiste contre le faiseur. N’être dupe de rien, concevoir la littérature comme fin ultime d’une vie. » Jacques Lassalle Nathalie Sarraute ou l’obscur commencement 

Une vie qui, comme celle de Simone Veil dans ses mémoires (autre sous-genre autobiographique), couvre l’histoire de l’Europe au XXème siècle.

Dans l’un des extraits ,la mention discrète au conflit né dans la conscience de Véra entre les religions chrétienne et juive ne semble pas du tout inquiéter l’enfant. C’est assez normal,puisqu’elle ne pratique pas et que le monde lui est ouvert. On est en 1911.

Comme Zweig le mentionne au début de son Essai sur Montaigne l’insouciance de la jeunesse et de l’intellect, lorsqu’il n’a pas l’expérience de l’oppression, vous donne une toute autre vision du monde.

Le problème de l’identité juive ne se pose pas encore à cette époque dans sa conscience,ni au sens enfantin de « être pareil que », ni au sens de la question de la judéité (mot pour désigner l’attitude intellectuelle en Europe au XVIIIème siècle, conscience juive du monde que j’aime beaucoup, car il a le mérite de ne pas nier la complexité des rapports que chacun entretient avec sa religion, mais témoigne d’une sensibilité et d’une conscience singulière des enjeux de l’esprit et des idées).

« Elle fait silence un instant. « C’est curieux, aujourd’hui, moi que cela avait si peu préoccupée jusqu’à présent, je me sens devenir de plus en plus russe et juive. Dieu existe. Je lui parle souvent. Et je relis Pascal, la Bible. Vous l’avais-je dit ? Ma mère, de religion juive, s’était convertie à la religion orthodoxe. Pour donner le change probablement, dans une Union soviétique terriblement antisémite. Ma mère, je ne l’ai pas toujours comprise. Dans la famille de Raymond, c’était le contraire. On ne plaisantait pas avec les choses de la religion. La famille était catholique, ultra même. Il m’est arrivé d’en souffrir. »

Entretiens du samedi avec Jacques Lassalle , propos recueillis dans l’article Nathalie Sarraute ou l’obscur commencement .

Elle fait de brillantes études un peu partout en Europe en 3 langues, Oxford (Histoire), Paris (Droit), Berlin (Sociologie).

Comme une autre intellectuelle juive, Hannah Arendt, le problème de l’identité se posera plus tard avec l’oppression nazie et le régime de la collaboration, l’obligation de se cacher et de cacher autrui et d’avoir de faux papiers etc…

Être une femme juive, être une intellectuelle engagée, être soi et avant tout fidèle à soi, des problématiques que l’on va retrouver dans les écrits de cette époque chez beaucoup d’intellectuels juifs. Même si rien ne fait explicitement allusion à l’histoire contemporaine dans son oeuvre.

Elle est aussi l’auteure d’un essai critique littéraire, L’ère Du Soupçon 1956, qui interroge le crédit des humanités dans un monde en pleine guerre froide et après les génocides du XXème siècle :

Un soupçon pèse sur les personnages de roman. Le lecteur et l’auteur en sont arrivés à éprouver une méfiance mutuelle. Depuis Proust, Joyce et Freud le lecteur en sait trop long sur la vie psychologique. Il a tendance à croire qu’elle ne peut plus être révélée, comme au temps de Balzac, par les personnages que lui propose l’imagination de l’auteur. Il leur préfère le « fait vrai ». Le romancier, en revanche, est persuadé qu’un penchant naturel pousse le lecteur à trouver, dans un roman, des « types », des caractères, au lieu de s’intéresser surtout à cette matière psychologique anonyme sur laquelle se concentrent aujourd’hui les recherches de l’auteur. Aussi celui-ci s’acharne-t-il à supprimer les points de repère, à « dépersonnaliser » ses héros.

Ce livre, avec celui d’Alain Robbe-Grillet ,Pour un Nouveau Roman, fait figure de manifeste.

L’auteure recherche une forme esthétique qui convienne au roman du XXème siècle, et constate la dissolution du personnage :

« Il a à peu près tout perdu »

Les écrivains de cette veine critiquent la construction en « trompe -l’œil » d’un caractère trop cohérent, ils veulent

par une écriture de l’intime, syncopée et faite de heurts, rendre les « flux de conscience », avec leur opacité, leurs incohérences et leurs ruptures temporelles.

Je vous renvoie au roman d’Albert Cohen Belle du Seigneur, Ariane s’interrogeant sur son rendez-vous avec Solal dans sa baignoire, une trentaine de pages d’une prose sans ponctuation ou les pensées s’enchaînent en focalisation interne. Immersion dans la conscience du personnage sans fard.

D’ailleurs, le Courant de Conscience est en réalité apparu plus tôt en Europe, en Angleterre avec des grands noms comme Joyce et Woolf. Dans Ulysse, n’hésitez pas à lire dans ce pavé au moins le monologue de Molly , un morceau d’anthologie, souvent même mis en scène au théâtre comme une oeuvre dramaturgique à part entière,sans référence au roman dont il est issu.

Ce mouvement français du Nouveau Roman emprunte aussi sa manière d’interroger le monde post-moderne aux écrivains philosophes du courant de l’Absurde, comme Camus avec l’Etranger 1942, Kafka Le Procès 1925 ou encore l’américain Falkner en 1929 avec The Wild Palms ou The Sound and the fury.

Le personnage subit une crise d’identité, révélatrice de la déshumanisation et de l’absurdité du monde.

L’autobiographie est donc une manière de couper avec le personnage, le fictionnel pour aller non plus comme Proust à la Recherche du Temps perdu, et du paradis de l’enfance, mais à la recherche de l’être. Nous vous laissons sur cette dernière réflexion de l’auteure lors d’une de ses dernières interviews avec Jacques Lassalle:

Elle raconte si bien, si volontiers, qu’on ne peut pas ne pas lui demander si elle a songé à tenir un journal, si elle n’envisage pas de rédiger ses mémoires. Elle assure que non. « Il serait bien tard, vous ne trouvez pas ? Et puis tout le monde le fait. Pourquoi le ferais-je ? Et chacun d’ailleurs cède peu ou prou à la tentation de l’hagiographie, de l’autocelebration, du flou artistique, des convenances, même lorsqu’on prétend révéler ou démystifier. Mais ce serait si terrible que personne n’accepterait de vous croire. Ou même de continuer à vous saluer. « 
(…)
« On ne peut s’interesser au mystere du mal que si l’on s’interesse au mystere de la foi. Dieu existe,j’en suis sure. Je lui parle souvent,mais pourquoi ne s’interesse-t-il pas davantage a nous, a moi? »Elle rit encore, puis soudain,redevenue grave: « Pourquoi laisse-t-il mourir les enfants? La mort d’un enfant rend le monde inexcusable. »

Que vous fassiez des études de Lettres ou que vous passiez un examen du second degré, cette oeuvre est intéressante, car c’est une des plus abordables pour apprendre à connaître une figure majeure du XXème siècle en littérature et un des théoriciens du Nouveau Roman,

J’espère que ce parcours de lecture vous aura donné quelques clefs pour briller à l’oral ou en dissertation, dites nous en commentaire:

Qu’avez-vous aimé dans ce récit de vie d’un style si particulier ?

Bibliographie:

œuvre étudiée principalement :

Nathalie Sarraute ENFANCE,coll. folio, n°1684 , éditions Gallimard, juin 2019

autres œuvres du même auteur:

L’Ère du soupçon, Paris, Gallimard, coll. « les essais », 1956

articles sur l’auteur :

Jacques Lassalle, Nathalie Sarraute ou l’obscur commencement

Wilfried Foeck, « Nathalie Sarraute, dramaturge. A la recherche des pulsions de l’âme », Revue d’histoire du théâtre, n°4, 1992 

« La gant retourné », Cahiers Renaud-Barrault, n°89, 1975

ouvrage de fond :

Coll.Empreintes littéraires, Français 1ère L/S/ES, magnard, livre unique

Collection Passeurs de textes, 1ère, livre unique, Le Robert, Weblettres

Le Roman, collection P.U.F

Le Théâtre collection P.U.F

autres œuvres citées, en relation :

James Joyce , Ulysse

Virginia Woolf, Instant de vie

Allain Robbe-Grillet, Pour un nouveau roman, les Gommes, Le Miroir qui revient…

Un commentaire sur « Nathalie Sarraute 1900-1999_ Enfance 1983 »

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