Les problématiques possibles:

Le positivisme n’est-il qu’une apologie de la science ?

Le rationalisme est-il notre seule source de connaissance ?

Le progrès technique est-il un gage de liberté ?

Comment appréhendons nous ce que nous ne connaissons pas ?

Quelle est la meilleure manière de connaître et de maîtriser le monde qui nous entoure ?

Quels rapports peut-on espérer et plébisciter aujourd’hui entre la science et l’éthique au vue de notre héritage intellectuel ?

LA SPIRALE DU PROGRES

Le POSITIVISME : Au XIXème , Auguste Comte définit ce concept scientifique comme ce qui est réel, certain, palpable et imposé par l’expérience.

Ce terme (opposé à « l’imaginaire, chimérique, métaphysique ») n’a donc pas le sens qu’il a aujourd’hui dans le langage courant. S’il le positivisme influença le développement scientifique jusque au début du XXème siècle, il fut ensuite fortement remis en question, notamment avec l’apparition de la psychanalyse et de la notion d’inconscient, inconciliables avec la vision positive trop restrictive de Comte.

Pour Auguste Comte, le positivisme est une science capable d’offrir une nouvelle éthique centrée sur l’humanité, c’est un philosophe idéaliste qui envisage même la sociologie comme la nouvelle « religion de l’humanité », dans l’idée que une éthique universelle de la science mènerait au progrès continu de l’humanité.

« La science mathématique constitue l’instrument le plus puissant que l’esprit humain puisse employer dans la recherche des lois des phénomènes naturels. »

La Loi Des 3 Etats De L’Humanité

Cette science positive est du domaine matériel, le seul que nous puissions connaître.

La science est la norme de la connaissance, car elle nous en fait connâitre les limites et le fondement.

La science ne peut plus être définie à l’issue du premier état comme une révélation divine OU encore comme une contemplation impuissante d’un ordre immuable (de la Physis en grec/Nature).

La société est un corps physique qui peut être étudié comme n’importe quel autre phénomène.

La sociologie doit aussi permettre de répondre à la crise du monde moderne et n’être à la base de la réorganisation sociale.

Dans la mesure où la science est promue au rang de seule discipline normative capable d’ordonner la pensée, la philosophie positive est une apologie de la science.

Le positivisme est une nouvelle manière de considérer et d’étudier le réel.

L’invention d’une nouvelle organisation des connaissances humaines permet de fédérer une société autour de valeurs communes. Nécessité de progrès et de révolution culturelle, ici par la culture scientifique.

L’ordre étant necessaire au progrès, ces philosophes rationnaliste souhaitent reconnaître l’homme réel au lieu d’en former une image absolue.

Le positivisme est une réforme de la pensée Comte propose une nouvelle classification des sciences, attribuant à cinq d’entre elles une valeur déterminante : l’astronomie, la physique, la chimie, la physiologie et enfin la « physique sociale ».

« La science proprement dite est une simple introduction fondamentale à la religion. »

La science est valorisée, car elle entre dans un projet philosophique d’accomplissement de l’homme.

Le savoir n’a aucune valeur s’il n’est pas rapporté à l’homme ,en ce sens on peut parler de fausse science, celle promue par les esprits destructeurs des régimes totalitaires, visant la puissance, la domination criminelle. Après l’expérience du XXème siècle, il est évident que la science ne peut se passer d’une réflexion sur l’éthique.

LA NOTION DE PROGRÈS

Le progrès a permis à l’homme de se dégager des contingences naturelles ; la technique domine la nature, mais également l’homme lui-même.

Il permet accroître sa liberté, ouvrir de nouveaux horizons, améliorer ses conditions d’exitence.

LE MYTHE PROMETHEE (PROTAGORAS dialogue de Platon)

D’Aristote à Spengler, les Philosophes admettent que la technique libère l’homme de la nécessité et le fait sortir de la condition animale.

«  Il faut avouer que les inventeurs des arts mécaniques ont été bien plus utiles aux hommes que les inventeurs de syllogismes. » Voltaire

Mais en suivant sa propre logique, la technique échappe parfois au contrôle de l’homme, négligeant l’éthique, il s’emprisonne dans un rapport au monde déshumanisant.

Le mythe de l’apprenti sorcier, le machinisme, le fordisme et la critique de Charlie Chaplin dans les Temps Modernes satirisent les excès de la course au progrès qui s’est transformée en course au profit.

Le remplacement de l’homme par la machine avec le brusque changement économique en vertu du profit qui ne tient pas compte des besoins humains dans la transition .

L’utilisation des technologies, comme les systèmes informatiques automatisés avec des fonctions annexes qui sont utilisées de manières perverses par un management peu scrupuleux, au lieu de simplement améliorer le rythme de travail et par là même le profit, la pénibilité du travail et la vie du salarié, cela devient un instrument d’esclavage de surveillance bien plus efficace que le fouet d’Egypte.

Notre siècle est plein d’exemples criminels de ce manque de contrôle.

Locke, Rousseau, Kant ont tous les trois averti sur la nécessité d’accompagner le progrès civilisationnel en respectant une éthique et en éduquant moralement, le progrès n’en est pas un à l’échelle de l’humanité, s’il n’est qu’une découverte technique de plus utilisée de façon amorale et inique.

Albert Einstein : « Tout notre progrès technologique, dont on chante les louanges, le cœur même de notre civilisation, est comme une hache dans la main d’un criminel. »

Marx en son temps a mis en garde contre les dangers du machinisme. De plus, il sépare le travail intellectuel du travail manuel et introduit un nouveau clivage en dépossédant l’homme du savoir technique, on en fait un exécutant, quelqu’un de remplaçable et manipulable.

Hannah Arendt critique les « chaînes de production » industrielles dans lesquelles l’homme doit se plier au rythme de la machine.

Quand à l’automatisation ou l’informatique, elles supprime des postes et offre un moyen de gestion et de contrôle de l’humain qui sans garantie éthique devient très pervers socialement et politiquement.

Les philosophes de l’Ecole de Francfort, comme Adorno et Habernas, nous ont mis d’ailleurs en garde contre la technocratie et soulignent que la technique peut-être un autre moyen de domination de l’homme par l’homme.

Georges Friedmann dénonce l’environnement artificiel et inhumain que crée la civilisation technicienne.

Celle-ci dépouille l’homme de ses rythmes naturels. C’est en plus quelque chose qu’avait déjà résolu la sagesse des religions, toutes les lois des religions révélées insistent sur l’importance de préserver les points de repère (fêtes communautaires, mémoire, unité etc …) de repos dans le temps vécu . Sous peine de sombrer dans une société impie, sans valeur, en proie à la la vacuité psychique.

On ne saurait condamner radicalement la technique

Il est indéniable que celle-ci a permis à l’homme de se libérer progressivement de certaines contraintes naturelles.

Cependant, il est non moins vrai que la technique peut se retourner contre l’homme ou être utilisée par certains à des fins de domination.

Ce risque existe d’autant plus que la gestion des sociétés humaines est confiée à des « technocrates » faisant peu de cas de l’homme et de ses aspirations humaines.

Finalement, la question n’est pas de se demander si la technique est bonne ou mauvaise en soi, mais de se demander quelle peut-être pour l’homme la meilleure utilisation que l’on puisse en faire.

RATIONALISME ET RENE DESCARTES

Le Fameux Cogito de Descartes

«  Ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. »

Le rationalisme ne se contente pas d’analyser les chose par la raison, il défend aussi l’idée que l’homme naît avec des idées innées . Le « Noûs » grec antique proche de l’idéalisme platonicien: en philo, une idée est présente dans notre esprit avant toute expérience ; elle est inhérente à l’esprit humain. Avant de naître au monde sensible, l’esprit contemple le monde des idées pures.

Ces idées seraient si évidentes qu’elles rencontrent la réalité dans le monde.

La raison peut donc aussi s’appliquer au domaine spirituel, à l’abstrait et au métaphysique.

C’est ainsi que Descartes a démontré l’existence de Dieu ; si je suis capable d’avoir l’idée d’un être parfait, ce ne peut être que Dieu.

Descartes refuse les vérités dogmatiques et inaugure le rationalisme moderne.

En affirmant la prédominance du « je pense donc je suis » et donc de l’exercice de la raison et posant l’être comme siège de la pensée , il induit aussi la primauté de l’homme en tant que conscience au sein de la création, dans la perspective d’une philosophie transcendantale.

Le rationnalisme étant fondé sur la raison, nous permet de nous connaître en totalité, notamment parce qu’il corrige les erreurs dues à nos sentiments et à notre imagination.

Le rationalisme, tel qu’il fut défini à partir de l’oeuvre de Descartes, est à l’origine de la philosophie moderne, puisqu’il a posé l’homme et la pensée comme point de départ de toute connaissance, en lieu et place des vérités religieuses et dogmatiques.

Mais, comme l’a écrit Pascal, il faut éviter deux excès : « exclure la raison, n’admettre que la raison ».

Aujourd’hui, il est vrai, on est loin de cette confiance naïve et enthousisate dont témoignaient Platon ou Descartes.

Mais, pour Platon, il s’agissait de fonder la connaissance sur autre chose que le mythe ou la religion.

Et pour Descartes, il s’agissait de donner un fondement à la science autre que la scolastique.

La scolastique est une philosophie et une théologie d’inspiration chrétienne telles qu’elles furent enseignées au Moyen Age par les universités.

Dans un sens négatif, la scolastique est définie comme abstraite et formaliste.

Dans la seconde moitié du XIXème siècle, le rationalisme est une nouvelle fois ébranlé par la découverte de l’inconscient par Freud.

D’autres philosophes comme Nietzsche rejettent aussi l’idée d’une supériorité de la raison sur le corps, les désirs, l’imaginaire.

La philosophie et l’observation des phénomènes scientifiques objectifs s’arrêtent là où s’arrête le conscient. Les vérités abstraites au cœur des questions existentielles inhérentes à notre condition humaine ne sont pas appréhendables par ce type de méthode.

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