Les Contemplations de Victor Hugo #bac

ELUCIDATION DU TITRE DU RECUEIL LES CONTEMPLATIONS ET PROJET LITTERAIRE

Que signifie le titre du recueil Les Contemplations, 1856?

L’origine du mot et de la pratique de la contemplation :

En latin, con/templum, id est littéralement « avec le temple », donc invitation à entrer par le poème dans l’espace, le domaine du sacré, de l’intime.

Ce titre nous fait aussi penser à un sonnet de Charles Baudelaire intitulé Correspondances in Les Fleurs du Mal:

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
II est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
— Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, IV, 1857

Victor Hugo et la génération des poètes romantiques nous invite à un renouveau du lyrisme dans le :

(suivez ce lien pour le point sur le Mouvement du Romantisme)

Temple de la Nature romantique

Temple de l’âme humaine

et enfin, le Temple de la Foi, refuge pour Victor Hugo en deuil.

Donc, un recueil placé sous le signe du sacré, avec une dimension spirituelle assumée ce que nous démontrerons aisément à partir du recueil et de la tradition poétique, philosophique et spirituelle dans laquelle il semble s’inscrire.

Par extension dans la pratique religieuse, le mot contempler devient « regarder attentivement,admirer,méditer, adorer. »


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#Zweig ESSAI biographique III sur #Montaigne

#BAC#EAF#LETTRES#PHILO#ETUDES

«Né en 1881 dans un grand et puissant empire […], il m’a fallu le quitter comme un criminel. Mon œuvre littéraire, dans sa langue originale, a été réduite en cendres. Étranger partout, l’Europe est perdue pour moi… J’ai été le témoin de la plus effroyable défaite de la raison […]. Cette pestilence des pestilences, le nationalisme, a empoisonné la fleur de notre culture européenne»

Le Monde d’hier, Souvenir d’un Européen, 1942, Stefan Zweig


Comment Zweig (1881-1942) devint biographe?

Stefan Zweig est un auteur du XXème siècle, mais plus que jamais notre contemporain, une conscience dans le temps dans une Europe en crise.

Écrivain de langue allemande, il est contraint à l’exil après la montée du nazisme et l’autodafé de ses œuvres en 1933. Il est l’auteur de plusieurs nouvelles, récits, romans et poésies. Mais à partir de son départ pour Londres il devient biographe et traducteur. Comme d’autres intellectuels juifs de cette époque, je pense en particulier à Primo Levi qui eu juste le temps d’écrire un témoignage sur les camps dans Si c’est un homme…,après un long combat de résistance psychologique à l’oppression comme le décrit l’extrême tension à laquelle est en proie le héros dans son dernier récit Le joueur d’échecs, Stefan Zweig se donne la mort.


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Charles #Baudelaire,Les Fleurs du Mal ,Alchimie #poétique : la boue et l’or

Je vous propose un parcours de lecture sur la section

« Spleen et Idéal »

Regard sur les poèmes intitulés Spleen :

The Charlie’s Spleen : « Anywhere out of the world »

Dans cette section, LIX,

nous retrouvons le topos baudelairien de la pluie qui reflète l’état d’âme du poète au sein d’un univers urbain. Le poète maudit prend la pose et se représente dans un intérieur modeste et autour de lui un monde vieillissant ou gagnent la solitude, les ténèbres et la mort. La figure du chat est davantage qu’une animalisation, dans l’univers baudelairien, ce motif tour à tour familier,déifié, sensuel, d’un prosaïsme naïf et obsessionnel et ici un véritable double du poète.

La section LX des Fleurs du Mal :

Nous entrons dans le spleen comme lassitude du monde, le poète maudit dont l’âme vieillie construit sa légende et s’invente une maxime : « anywhere out of the world ». On peut établir une intertextualité intéressante avec Le Buffet d’Arthur Rimbaud. En effet, dans ce poème, la figure synecdochique de ce gros meuble représente tantôt le cerveau de notre poète, tantôt un monument de la mémoire de l’humanité, puis finalement tout est rappelé avec ce motif à la vanité et à la finitude. Dans ces poèmes, il se confie également la difficulté d’écrire, l’inspiration ne venant qu’au soir, les journées sont mornes. Là encore, nous avons un rappel du topos des vanités avec le champ lexical de la mort et les goûts esthétiques surannés d’un autre siècle. Baudelaire est nostalgique du boudoir, de la facilité de la vie érotique du jeune dandy, du jeune mondain. Tout est dilapidé, tout s’est envolé, la vigueur et l’argent. Rappelons qu’il fut placé sous curatelle pour avoir dilapider l’héritage familial dans sa vie de bohème à cette époque. Certainement, ce procès était celui des mœurs, mais aussi celui du statut du poète et de la liberté d’expression, car le recueil fut plusieurs fois taxé d’amoralité et censuré. L’artiste souffre réellement d’un manque de reconnaissance sociale et familiale.

Notons également les fameuses correspondances synesthésiques comme dans le poème précédent avec l’évocation du parfum. Le désir grandiloquent de s’inscrire dans le légendaire avec deux évocations de l’Egypte antique.

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Le spleen et le symbolisme de la section LXI :

Le registre de cette section bascule dans le grotesque, car Baudelaire y évoque le quotidien le plus trivial de façon grandiloquente, en réalité il nous parle de : sa mise sous curatelle, les prostituées, la maladie.

Les thèmes abordés sont les topoi liés au spleen que l’on retrouve dans toute l’oeuvre: la pluie, l’indifférence aux choses et aux gens, la corruption de l’âme, la mort. La figure du poète continue pourtant de s’inscrire dans le légendaire avec l’alchimie du verbe, il amorce ainsi révolution de l’écriture poétique que l’art consommé du symbolisme rimbaldien achèvera. Rimbaud,lui, deviendra ce voyant, ce « savant qui lui fait de l’or ».


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Références #Lettres pour disputer la notion d’#Art

 Pour Platon, une peinture n’est qu’une copie de copie et en fin de compte une imitation illusoire du réel. Les peintres ont voulu répondre à Platon. Magritte, avec la légende de son tableau « ceci n’est pas une pipe » énonce une vérité en désignant lui-même l’illusion qu’il a créée. C’est avec humour que Magritte dissocie le monde réel du monde de l’art…et que nous savons tous faire même si l’art n’est pas sans pouvoir, même s’il captive notre conscience, nous émeut comme le ferait le monde réel. L’ambiguïté de l’art vient de ce que l’artiste ne re-crée pas le réel mais qu’il ne prétend pas nous en détourner non plus : « Tous les écrivains pensent être réalistes, écrit Alain Robbe-Grillet. Aucun jamais ne se prétend abstrait, illusionniste, chimérique, fantaisiste, faussaire… Le réalisme est l’idéologie que chacun a sur la réalité, des idées différentes. Les classiques pensaient qu’elle était classique, les romantiques qu’elle était romantique, les surréalistes qu’elle était surréelle, Claudel qu’elle est de nature divine, Camus qu’elle est absurde, les engagés qu’elle est avant tout économique et qu’elle va vers le socialisme. Chacun parle du monde tel qu’il le voit, mais personne ne le voit de la même façon. »


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