Perspectives autour des concepts de SCIENCE, CONNAISSANCE et TECHNIQUE #philo

Les problématiques possibles:

Le positivisme n’est-il qu’une apologie de la science ?

Le rationalisme est-il notre seule source de connaissance ?

Le progrès technique est-il un gage de liberté ?

Comment appréhendons nous ce que nous ne connaissons pas ?

Quelle est la meilleure manière de connaître et de maîtriser le monde qui nous entoure ?

Quels rapports peut-on espérer et plébisciter aujourd’hui entre la science et l’éthique au vue de notre héritage intellectuel ?

LA SPIRALE DU PROGRES

Le POSITIVISME : Au XIXème , Auguste Comte définit ce concept scientifique comme ce qui est réel, certain, palpable et imposé par l’expérience.

Ce terme (opposé à « l’imaginaire, chimérique, métaphysique ») n’a donc pas le sens qu’il a aujourd’hui dans le langage courant. S’il le positivisme influença le développement scientifique jusque au début du XXème siècle, il fut ensuite fortement remis en question, notamment avec l’apparition de la psychanalyse et de la notion d’inconscient, inconciliables avec la vision positive trop restrictive de Comte.

Pour Auguste Comte, le positivisme est une science capable d’offrir une nouvelle éthique centrée sur l’humanité, c’est un philosophe idéaliste qui envisage même la sociologie comme la nouvelle « religion de l’humanité », dans l’idée que une éthique universelle de la science mènerait au progrès continu de l’humanité.

« La science mathématique constitue l’instrument le plus puissant que l’esprit humain puisse employer dans la recherche des lois des phénomènes naturels. »

La Loi Des 3 Etats De L’Humanité

Cette science positive est du domaine matériel, le seul que nous puissions connaître.

La science est la norme de la connaissance, car elle nous en fait connâitre les limites et le fondement.

La science ne peut plus être définie à l’issue du premier état comme une révélation divine OU encore comme une contemplation impuissante d’un ordre immuable (de la Physis en grec/Nature).

La société est un corps physique qui peut être étudié comme n’importe quel autre phénomène.

La sociologie doit aussi permettre de répondre à la crise du monde moderne et n’être à la base de la réorganisation sociale.

Dans la mesure où la science est promue au rang de seule discipline normative capable d’ordonner la pensée, la philosophie positive est une apologie de la science.

Le positivisme est une nouvelle manière de considérer et d’étudier le réel.

L’invention d’une nouvelle organisation des connaissances humaines permet de fédérer une société autour de valeurs communes. Nécessité de progrès et de révolution culturelle, ici par la culture scientifique.

L’ordre étant necessaire au progrès, ces philosophes rationnaliste souhaitent reconnaître l’homme réel au lieu d’en former une image absolue.

Le positivisme est une réforme de la pensée Comte propose une nouvelle classification des sciences, attribuant à cinq d’entre elles une valeur déterminante : l’astronomie, la physique, la chimie, la physiologie et enfin la « physique sociale ».

« La science proprement dite est une simple introduction fondamentale à la religion. »

La science est valorisée, car elle entre dans un projet philosophique d’accomplissement de l’homme.

Le savoir n’a aucune valeur s’il n’est pas rapporté à l’homme ,en ce sens on peut parler de fausse science, celle promue par les esprits destructeurs des régimes totalitaires, visant la puissance, la domination criminelle. Après l’expérience du XXème siècle, il est évident que la science ne peut se passer d’une réflexion sur l’éthique.

LA NOTION DE PROGRÈS

Le progrès a permis à l’homme de se dégager des contingences naturelles ; la technique domine la nature, mais également l’homme lui-même.

Il permet accroître sa liberté, ouvrir de nouveaux horizons, améliorer ses conditions d’exitence.

LE MYTHE PROMETHEE (PROTAGORAS dialogue de Platon)

D’Aristote à Spengler, les Philosophes admettent que la technique libère l’homme de la nécessité et le fait sortir de la condition animale.

«  Il faut avouer que les inventeurs des arts mécaniques ont été bien plus utiles aux hommes que les inventeurs de syllogismes. » Voltaire

Mais en suivant sa propre logique, la technique échappe parfois au contrôle de l’homme, négligeant l’éthique, il s’emprisonne dans un rapport au monde déshumanisant.

Le mythe de l’apprenti sorcier, le machinisme, le fordisme et la critique de Charlie Chaplin dans les Temps Modernes satirisent les excès de la course au progrès qui s’est transformée en course au profit.

Le remplacement de l’homme par la machine avec le brusque changement économique en vertu du profit qui ne tient pas compte des besoins humains dans la transition .

L’utilisation des technologies, comme les systèmes informatiques automatisés avec des fonctions annexes qui sont utilisées de manières perverses par un management peu scrupuleux, au lieu de simplement améliorer le rythme de travail et par là même le profit, la pénibilité du travail et la vie du salarié, cela devient un instrument d’esclavage de surveillance bien plus efficace que le fouet d’Egypte.

Notre siècle est plein d’exemples criminels de ce manque de contrôle.

Locke, Rousseau, Kant ont tous les trois averti sur la nécessité d’accompagner le progrès civilisationnel en respectant une éthique et en éduquant moralement, le progrès n’en est pas un à l’échelle de l’humanité, s’il n’est qu’une découverte technique de plus utilisée de façon amorale et inique.

Albert Einstein : « Tout notre progrès technologique, dont on chante les louanges, le cœur même de notre civilisation, est comme une hache dans la main d’un criminel. »

Marx en son temps a mis en garde contre les dangers du machinisme. De plus, il sépare le travail intellectuel du travail manuel et introduit un nouveau clivage en dépossédant l’homme du savoir technique, on en fait un exécutant, quelqu’un de remplaçable et manipulable.

Hannah Arendt critique les « chaînes de production » industrielles dans lesquelles l’homme doit se plier au rythme de la machine.

Quand à l’automatisation ou l’informatique, elles supprime des postes et offre un moyen de gestion et de contrôle de l’humain qui sans garantie éthique devient très pervers socialement et politiquement.

Les philosophes de l’Ecole de Francfort, comme Adorno et Habernas, nous ont mis d’ailleurs en garde contre la technocratie et soulignent que la technique peut-être un autre moyen de domination de l’homme par l’homme.

Georges Friedmann dénonce l’environnement artificiel et inhumain que crée la civilisation technicienne.

Celle-ci dépouille l’homme de ses rythmes naturels. C’est en plus quelque chose qu’avait déjà résolu la sagesse des religions, toutes les lois des religions révélées insistent sur l’importance de préserver les points de repère (fêtes communautaires, mémoire, unité etc …) de repos dans le temps vécu . Sous peine de sombrer dans une société impie, sans valeur, en proie à la la vacuité psychique.

On ne saurait condamner radicalement la technique

Il est indéniable que celle-ci a permis à l’homme de se libérer progressivement de certaines contraintes naturelles.

Cependant, il est non moins vrai que la technique peut se retourner contre l’homme ou être utilisée par certains à des fins de domination.

Ce risque existe d’autant plus que la gestion des sociétés humaines est confiée à des « technocrates » faisant peu de cas de l’homme et de ses aspirations humaines.

Finalement, la question n’est pas de se demander si la technique est bonne ou mauvaise en soi, mais de se demander quelle peut-être pour l’homme la meilleure utilisation que l’on puisse en faire.

RATIONALISME ET RENE DESCARTES

Le Fameux Cogito de Descartes

«  Ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. »

Le rationalisme ne se contente pas d’analyser les chose par la raison, il défend aussi l’idée que l’homme naît avec des idées innées . Le « Noûs » grec antique proche de l’idéalisme platonicien: en philo, une idée est présente dans notre esprit avant toute expérience ; elle est inhérente à l’esprit humain. Avant de naître au monde sensible, l’esprit contemple le monde des idées pures.

Ces idées seraient si évidentes qu’elles rencontrent la réalité dans le monde.

La raison peut donc aussi s’appliquer au domaine spirituel, à l’abstrait et au métaphysique.

C’est ainsi que Descartes a démontré l’existence de Dieu ; si je suis capable d’avoir l’idée d’un être parfait, ce ne peut être que Dieu.

Descartes refuse les vérités dogmatiques et inaugure le rationalisme moderne.

En affirmant la prédominance du « je pense donc je suis » et donc de l’exercice de la raison et posant l’être comme siège de la pensée , il induit aussi la primauté de l’homme en tant que conscience au sein de la création, dans la perspective d’une philosophie transcendantale.

Le rationnalisme étant fondé sur la raison, nous permet de nous connaître en totalité, notamment parce qu’il corrige les erreurs dues à nos sentiments et à notre imagination.

Le rationalisme, tel qu’il fut défini à partir de l’oeuvre de Descartes, est à l’origine de la philosophie moderne, puisqu’il a posé l’homme et la pensée comme point de départ de toute connaissance, en lieu et place des vérités religieuses et dogmatiques.

Mais, comme l’a écrit Pascal, il faut éviter deux excès : « exclure la raison, n’admettre que la raison ».

Aujourd’hui, il est vrai, on est loin de cette confiance naïve et enthousisate dont témoignaient Platon ou Descartes.

Mais, pour Platon, il s’agissait de fonder la connaissance sur autre chose que le mythe ou la religion.

Et pour Descartes, il s’agissait de donner un fondement à la science autre que la scolastique.

La scolastique est une philosophie et une théologie d’inspiration chrétienne telles qu’elles furent enseignées au Moyen Age par les universités.

Dans un sens négatif, la scolastique est définie comme abstraite et formaliste.

Dans la seconde moitié du XIXème siècle, le rationalisme est une nouvelle fois ébranlé par la découverte de l’inconscient par Freud.

D’autres philosophes comme Nietzsche rejettent aussi l’idée d’une supériorité de la raison sur le corps, les désirs, l’imaginaire.

La philosophie et l’observation des phénomènes scientifiques objectifs s’arrêtent là où s’arrête le conscient. Les vérités abstraites au cœur des questions existentielles inhérentes à notre condition humaine ne sont pas appréhendables par ce type de méthode.

#LETTRES #PHILO #BAC Quelle vision l'existentialisme donne-t-il de la condition humaine ?

Le Désespoir :

Apparu après la deuxième guerre mondiale, ce mouvement intellectuel permet à Jean-Paul Sartre d’exposer sa vision assez pessimiste du monde et de la barbarie du XXème.

Il partage cette philosophie avec sa femme,Simone de Beauvoir, et son ami Albert Camus ainsi que Maurice Merleau Ponty.

L’existentialisme est par définition athée, il constate l’absurde de la condition humaine, par la nie tout principe supérieur capable d’ordonner le monde et en déduit ainsi l’absence de morale qui a conduit aux crimes contre l’humanité. Mais en niant les vérités éternelles et universelles, le sens de la vie humaine échappe, l’homme est livré à lui même et au désespoir, car les fondements de la morale son ruinés. Cela aboutit au nihilisme (en latin nihil=RIEN).Un siècle plus tôt, un autre philosophe démarre ce mouvement par ce constat :

« Nihilisme est l’homme qui juge que le monde tel qu’il est ne devrait pas être, et que le monde tel qu’il devrait être n’existe pas. De ce fait,l’existence (agir, souffrir, vouloirs, sentir) n’a aucun sens:de ce fait le pathos du en vain est le pathos nihiliste et une inconséquence du nihiliste. » Friedrich Nietzsche (voir aussi doctrine de Schopenhauer fin XVIIIe qui l’a influencé).

« L’homme sans aucun appui et sans aucun secours est condamné chaque instant à inventer l’homme. » Sartre

Il n’y a pas de principe divin, pas de « nature humaine », pas de destin, pas de bien ou de beau en soi. Rien pour redonner, dans ces circonstances historiques, sa dignité et un sens supérieur à l’existence humaine.

L’homme moderne est ainsi confronté au néant, il ressent l’angoisse existentielle.

Cette doctrine montre la misère de l’humaine condition et lui refuse toute forme de consolation que ce soit par les idéaux ou la religion.

Tout est permis

Les atrocités des génocides au XXème siècle semble relevé d’une dénaturation de l’être humaine et chaque intellectuel analyse son temps en proposant sa vision du monde. Le monde a basculé dans ce qu’ Hanna Arendt, sans être existentialiste, nomme le « tout est permis, tout est possible » du totalitarisme. L’amoralité n’est pas une propagande de philosophes, elle est celle des régimes fascistes et nazis. Les intellectuels contemporains des guerres civiles et mondiales se contentes de constater que ni la transcendance,la morale des religions révélées, ni l’immanence,le respect de la dignité de l’être naît de l’appartenance de tout un chacun à l’humanité, n’ont été des freins suffisants pour éviter le pire. On peut objecter qu’il a bien fallu que certains garde ces principes avec rage et courage pour entre en résistance et qu’ils ont vaincu. Mais on se place du point de vue d’intellectuels devenus impuissants alors qu’ils étaient en Europe le fleuron de la culture, de la civilisation. Comment dès lors ne pas être un imposteur ?

Ce qui se passe c’est que les états totalitaristes du XXe siècle ont plongé les masses dans l’abrutissement et l’absence de distinction entre le bien et le mal.

La distinction entre le bien et le mal disparaît et toutes les actions se valent.

Tous coupables, donc tous innocents. Malédiction de l’absence de justice possible, avec de l’oppression de la force et du nombre dans les états violents manipulant les foules.

Au siècle précédent des écrivains russes, dans le contexte de la répression des révoltes paysannes à cause des famines, ont aussi constaté le malheur de la perte des valeurs dans leur société où le crime fratricide de la guerre civile est devenu légitime et même glorifié ou en tout cas impuni-ssable :

Fiodor Dostoievski

(1821-1881)

a lui aussi constaté en son temps ce

« tout est permis » qui conduit à l’anarchie

Tolstoï ,

qui inspira Gandhi avec la réflexion sur les violences

d’état dans Le Royaume de Dieu est en vous,

dénonce aussi l’obéissance aveugle à l’Etat et à l’Eglise qui justifient le crime qu’ils font commettre aux jeunes paysans contre leurs semblables.

Tous les intellectuels ne rejettent pas la foi mais leur jugement reste sans appel quand à l’existence humaine dans les excès contemporains :

« Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas. » André Malraux 1901-1976 in La Légende du Siècle 1972.

La Solitude

Comment ne pas être un imposteur quand on est un homme d’esprit, alors que toutes les lumières de l’esprit semblent s’être éteintes ?

Avouer le sentiment d’angoisse existentielle, la vérité première pour Sartre sur l’existence humaine c’est ce sentiment universel de solitude et d’isolement. L’homme se sent étranger au monde et incapable d’atteindre les autres (voir le roman de Camus L’Etranger). L’homme est fondamentalement seul face à son destin, ses choix. Ce n’est pas en trouvant sa place, une fonction, une relation au sein de la communauté qu’il se définit, qu’il trouve des repères suffisant ou un remède à cette angoisse. Il est comme le Sisyphe 1944 d’Albert Camus condamné à toujours faire l’effort d’être le seul responsable de ses actes quand bien même la tâche ou les circonstances dépassent, comme le rocher de ce personnage mythologique, ses capacités individuelles. La position éthique est rendue si difficile que le personnage apparaît tour à tour comme pathétique, héroïque et suicidaire quelle que soit l’issue.

Une petite transition dans le cours de notre réflexion sur l’existentialisme

Il apparaît dons que l’existentialisme sartrien donne une vision plutôt pessimiste de la condition humaine, car il participe d’un constat amer de l’abomination du crime contre l’humanité et du jugement qui en découle sur la misère de l’humanité sans Dieu.

La foi, la morale, les grands idéaux sont restés impuissants face à la barbarie, il faut inventer une autre manière de se positionner intellectuellement pour échapper à la folie et au désespoir.(voir la biographie de Stefan Zweig et Primo Levi).

Comment échapper aux dérives de l’amoralité nihiliste et au déterminisme selon lequel toutes les actions humaines sont liées à des causes ou facteurs extérieurs, parfois antérieurs à l’existence d’un individu ? Comment la pensée peut elle encore libérer l’homme et retrouver du sens ?

AFFIRMATION D’UNE LIBERTÉ RADICALE

Pourquoi continuer à écrire si l’existence est dénuée de sens ?

Vous avez certainement tous déjà entendu la maxime de Sartre « l’existence précède l’essence », alors approfondissons un peu cette réflexion avec lui :

« Cela signifie que l’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu’il se définit après.

 L’homme, tel que le conçoit l’existentialiste,s’il n’est pas définissable, c’est qu’il n’est d’abord rien. Il ne sera qu’ensuite, et il sera tel qu’il se sera fait.

Ainsi, il n’y a pas de nature humaine, puisqu’il n’y a pas de Dieu pour la concevoir.

L’homme est seulement, non seulement tel qu’il se conçoit, mais tel qu’il se veut. » in L’Existentialisme est un humanisme, coll. Folio essais, p.29 ,1946

Jean-Paul Sartre

Le versant positif de cette vision radicale de la condition humaine, c’est que l’homme est absolument libre. Son existence ne dépendant ni de Dieu, ni des principes supérieurs.

Il doit décidé et conféré par ses actes un sens à son existence.

L’existentialisme ne reconnaît aucun déterminisme, aucune fatalité capable d’entraver la liberté de l’homme. Il doit poser des choix et y conformer ses actes en toute conscience. Cela peut nous conduire à nous interroger sur les exigences intellectuelles de cette « conscience » qui a tant fait défaut. C’est une éthique individuelle, une discipline qui consiste à faire ce que les philosophes ont toujours fait du reste, s’interroger, interroger son époque (ils vulgarisent cette discipline quotidienne par la pratique de l’écriture en tant que romanciers) et faire de choix assumés en posant des actes publics en accord avec leurs convictions.

En ce sens, l’existentialisme est une philosophie de la liberté.

L’ENGAGEMENT COMME MORALE

Il n’y a rien pour nous déterminer avant d’avoir l’expérience matérielle du monde, donc comment suivre d’emblée les principes d’une morale judéo-chrétienne ou autre…laïcisée ou non d’ailleurs.

Mais cela ne veut pas dire que tout soit permis. L’excuse ne peut plus être d’avoir obéi à une pression de groupe, tout se passe dans l’effort que fait la pensée individuelle pour déterminer si la situation concrète dans laquelle l’individu se trouve est conforme à la dignité humaine. L’existentialisme est bien un humanisme comme beaucoup de courants de pensée précédents, car il rend à l’homme moderne sa dignité par l’engagement de sa responsabilité individuelle :

«Il est impossible que l’homme soit mis contre sa volonté dans une situation contraire à sa conscience . » Léon Tolstoï, d’abord influencé par le nihilisme, puis par la doctrine chrétienne.

En tout état de cause, l’homme doit lutter, résister contre tout ce qui tend à nier sa liberté et celle des autres. Cela conduit non à une morale de principes, normative et héritée d’une tradition ou d’une sagesse immémoriale innée ou acquise, mais à une morale de l’action et de l’engagement en société, une éthique d’interrogation et de vigilance sur le fait politique, car la conscience collective n’existe pas, les choses ne vont pas aller bien d’elles-mêmes si l’individu ne s’investit pas et fait confiance aveuglément aux autres, à l’institution. La responsabilité étant par définition individuelle et en plus ponctuelle. Il devient alors pour eux d’autant plus important de vulgariser ces idées, que l’intellectuel ne peut plus être une conscience isolée dans le temps.

LA COMPAGNIE: une nécessité !

L’existence humaine se définit également par le rapport aux autres. L’existentialisme est parfois mal compris comme une individualisme de dandy, peut-être à cause de sa popularité auprès des adolescents avec le fameux titre « L’enfer,c’est les autres » de la pièce Huis Clos de Sartre en 1944 .

Non seulement, il n’y a pas d’engagement sans action, mais il n’y a pas d’acte ou de discours qui pose l’existence de ma moralité sans qu’autrui constitue un obstacle ou un médiateur indispensable entre moi et moi-même. L’homme vit au milieu des autres et doit se définir par rapport à eux. En même temps par tradition philosophique, il serait étonnant que l’on ne fasse pas place au dialogue philosophique avec l’autre comme témoin, rencontre ou obstacle à sa pensée ou son engagement afin d’agir sur le monde et ne pas sombrer dans l’impuissance ou le désespoir de la solitude existentielle. Camus sur la nécessite de trouver l’autre : « l’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde ».

L’homme conscient et responsable, qui s’engage dans son temps et fait preuve d’une discipline constante dans cette éthique modernisée, est alors libre de créer lui-même ses valeurs et sa vie.

CONCLUONS 

Ainsi, Sartre et les partisans de l’existentialisme ne propose pas une pessimiste ou optimiste de la condition humaine, mais il semblerait bien plutôt qu’ils offrent à l’homme de quoi s’affranchir par une discipline de la conscience raisonnée responsable de son temps et une éthique de l’engagement. Le courant de l’Absurde offre, chez les romanciers, une philosophie de la résistance. Politiquement, les réflexions accoucheront de révolutions non-violentes et de mouvements de désobéissance civile.

Leurs idées ont parfois pâti de leur succès, entre vulgarisation et provocation, et l’on a eu tôt fait de résumer leur pensée alors qu’elle est un parcours intellectuel de plusieurs siècles face aux atrocités de l’histoire. L’homme moderne n’est plus protégé, ni soumis à des normes extérieures à sa propre expérience de l’existence et il est le seul à pouvoir donner un sens à la vie. La liberté de l’homme est primordiale, d’elle découle de la morale en société par les choix conscients à chaque instant.

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la sociologie?

La Sociologie

LES TROIS GRANDS DOMAINES DE LA SOCIOLOGIE 

Auguste Comte (1798-1857),

philosophe français, est le père du positivisme, théorie qui oppose à la spéculation et la connaissance des faits. Considéré aussi comme le fondateur de la sociologie, il pense que le refus de la métaphysique est la condition préalable à l’étude objective de la société. 

On peut distinguer trois orientations dans les travaux sociologiques. La première est celle de l’intégration sociale, qui étudie le rapport de l’individu avec les collectivités humaines et envisage les meilleures conditions d’une intégration harmonieuse de chacun (au travail, dans ses loisirs, dans son quartier; situation des retraités, des adolescents, etc.). La seconde est celle des conflits sociaux, autrement dit des rapports sociaux entre grands ensembles (ville, campagne, classes sociales, partis politiques, etc.). La troisième, enfin, analyse l’évolution sociale (historique); elle répond à la question:

comment les sociétés changent elles dans leurs grandes lignes, à travers un processus d’intégration ou de conflit? 

Karl Marx (1818 1883),

philosophe et économiste allemand, a inspiré les plus grandes forces révolutionnaires du XXe siècle. Ce grand théoricien entend expliquer la loi générale du développe ment de la société capitaliste et de son remplacement par une société plus juste. 

OÙ TRAVAILLENT LES SOCIOLOGUES ?

Ce métier n’est pas si répandu qu’on le croit parfois. Des sociologues travaillent pour le compte de collectivités publiques (municipalités, gouvernements, organismes internationaux), parfois pour de grandes entreprises privées. D’autres se consacrent à des travaux de recherches et d’enseignement patronnés par des instituts universitaires. Mais nombreux sont les sociologues qui doivent se recycler… 

Selon Herbert Spencer (1820-1903),

penseur anglais, développement et progrès constituent l’essence de toute réalité. 

Lessentiel sur... dix notions de base en sociologie 

Rôle. Comportement attendu d’une personne (ou d’un groupe social) qui se trouve dans une certaine position; souvent, les mots rôle et position sont synonymes. Occuper un rôle, se distancer d’un rôle, occuper une certaine position… 

Groupe. Nombre variable de personnes, unies d’une manière relativement durable par un même idéal, une même pratique, le travail, etc. On parle d’intégration dans un groupe, de conscience d’appartenir à un groupe, etc.

Attitude. Manière d’être d’un individu engendrée par l’ensemble de ses croyances et de son éducation.

Action. Activité humaine intentionnelle, visant à modifier une situation.

Stratification sociale. Disposition des couches, des divers milieux d’une société les uns par rapport aux autres.

Classe sociale. Au sens faible, couramment accepté: milieu qui a des particularités sociales et culturelles identiques; au sens fort, plus controversé: ensemble dominateur ou dominé, exploiteur ou exploité, dans un système social qui comporte des classes antagonistes: bourgeoisie-prolétariat, nobles-serfs, hommes libres-esclaves.

Idéologie. Ensemble d’idées formant une conception de la société et de son devenir, et dépendant de la situation sociale. L’idéologie de la noblesse au XVIIIe siècle n’est pas la même que celle de la bourgeoisie montante. 

Institution. Ensemble d’actes, d’idées et de structures que les individus voient s’imposer à eux dans une société. Par exemple, les institutions parlementaires, religieuses, etc. 

Consensus. Accord entre personnes, groupes, classes, etc., sur ce qui est, et sur ce qui doit être fait; au sens fort, implique une solidarité, le sens d’une identité commune. 

Conflit social. Conflit issu des rapports sociaux de production (Marx); à distinguer de rapports de compétition ou de simples marchandages, formes plus atténuées et réglementées de conflit. 

OUVRAGES Pour en savoir plus

J. Duvignaud, Introduction à la sociologie. Coll. Idées, Paris.

J. H. Fichter, La sociologie, notions de base. Ed. universitaires, Paris.

Les cinquante mots clés de la sociologie. Privat, Paris.

Eléments de sociologie, une initiation à l’analyse sociologique. Colin (Coll. U), Paris.

SMART EN #PHILO _ARTICLE #TRAVAIL_

Il semble plus que jamais utile de s’interroger dans un monde en crise (dérives du capitalisme et de la mondialisation,crise économique et sociale, crise des valeurs intellectuelles, culturelles, religieuses…) sur l’axiologie de nos sociétés.

L’un des thèmes au programme permet de mettre en perspective les textes des grands penseurs contemporains par rapport aux événements qui font l’actualité.

Nous interrogerons donc les concepts de dignité et d’aliénation au travail.


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#Histoire: La Genèse de l’#Eglise et diffusion de la #pensée chrétienne

Mise En Place Des Structures Hierarchiques de l’Eglise :

Epoque de la communauté primitive de Jérusalem entre [30_40]

  • quid novi ? quelle orientation ?

L’Eglise est perçue comme le nouvel Israël. Matthias est élu par les disciples en remplacement de Judas Iscariote, le nombre 12 est restauré, il correspond au douze tribus d’Israël et à l’envoi en mission des apôtres par le Christ.

Matthieu 28 (16-20) « Les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

Matthieu 10 (5-7) « Tels sont les douze que Jésus envoya, après leur avoir donné les instructions suivantes: N’allez pas vers les païens, et n’entrez pas dans les villes des Samaritains ;allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël.Allez, prêchez, et dites: Le royaume des cieux est proche. »

Saint Etienne est nommé diacre(voir le schéma pour mission diaconat/serviteur) par St Pierre par imposition des mains (rite sacramental attesté dans le N .T., encore en vigueur) et se voit confié les Sept ,groupe des chrétiens hellénistes de Jérusalem, cette branche deviendra plus tard l’Eglise orthodoxe ; tandis qu’à la tête des Douze nous trouvons St Jacques, St Pierre et St Paul.


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